mercredi, septembre 30, 2009

Edem, je t'aime!


Soirée littéraire hier, au chic Pavillon Taché de l'UQO. Nous devions être au moins 60 à venir voir et écouter la nouvelle sensation de l'heure, l'écrivain togolais Edem Awumey, en lice pour le Goncourt, rien de moins. Un résident du Vieux-Hull en nomination pour le plus prestigieux des prix littéraires français, je ne pouvais manquer ça, moi qui ne cesse de me plaindre de l'anémie culturelle de mon Outaouais québécois d'adoption.


J'ai déjà parlé, dans cet espace virtuel, de ma propension à être un peu, pas mal, oui, OK je l'admets, extrêmement groopie. Bien sûr, je trippe littérature, pour de vrai. Mais je me suis quand même demandé si ce qui m'a fait sortir de chez moi, par un grise soirée de septembre où j'aurais pu me farcir la programmation automnale de Radio-Can ou lire mon Entertainment Weekly, est la volonté réelle de rencontrer un auteur ou le désir de voir quelqu'un qui aura peut-être le Goncourt. C'est un peu des deux, j'imagine. Probablement que mon "groopisme" m'a amené jusqu'à la salle et que mon amour pour la littérature m'a fait rester jusqu'à la fin du lancement.

Et que je suis contente d'être restée jusqu'à la fin de l'évènement... Cet Edem Awumey est complètement charmant et sa vivacité d'esprit n'est égalée que par sa grande humilité. Il est africain, européen et nord-américain à la fois. Il a une petite voix, à la foix timide et enjouée. Il donne le goût d'écrire et surtout de lire ce qu'il a écrit sur l'exil, sur les départs, sur l'errance.

Je l'ai regardé tout droit dans les yeux durant son exposé. Je voulais qu'il sente ma présence. Tout le monde était comme moi. Nous étions subjugués par Edem et par son rire.

La question du Goncourt revient. S'il n'y avait pas eu cette majestueuse nomination, combien y aurait-il eu de fans? 10, 15 personnes, de la famille et des amis proches? Je n'en sais rien.

Hier, nous devions être 25 ou 30 à faire la file pour lui demander de nous dédicacer Les pieds sales. Je suis toujours nerveuse dans de telles situations. Je dis merci pour l'inspiration, la plupart du temps et je laisse mon regard parler. A mon merci, il a répondu "C'est moi". Il me remerciait, à son tour et j'ai senti sa sincérité.

Je ne sais pas s'il gagnera le Goncourt, en novembre. Je lui souhaite, bien sûr, pour que d'autres personnes aussi groopies que moi le découvrent. Moi, je ne l'ai pas encore lu, mais je l'aime déjà. Et ce n'est pas seulement la groopie qui parle, c'est l'humaine qui a découvert la grande beauté intérieure d'un de ses congénères.

Je lis son livre (dès que j'ai fini ma correction) et je vous en reparle.

vendredi, juillet 10, 2009

Un très bon livre

Je n'ai pas écrit dans ce blogue depuis janvier. Allez savoir pourquoi. Ce n'est pas que ma vie manquait de source d'inspiration. Au contraire.
Plutôt que de perdre mon temps à vous dire ce qui m'a empêché d'écrire, j'aimerais plutôt vous dire ce qui me redonne le goût d'écrire: un livre. Un très bon livre.
Ça fait longtemps que ça ne m'est pas arrivé. Je suis consumée. Je voudrais passer mon temps à éplucher les pages de la brique. Je suis subjuguée. Pourtant, des bons livres, j'en ai lus depuis les derniers mois. Rien comme ça.


Le livre s'appelle Admission. Il est en anglais seulement, mais sera peut-être un jour traduit, je n'en sais rien. Il y a Portia, qui est agente d'admission à Princeton. Il y a les profs, les futurs élèves, les parents, la direction. Il y a surtout cette femme de mon âge qui se remet en question, qui a le coeur brisé, qui ne sait plus. Il y en a des tonnes de livres sur des femmes approchant 40 ans. Je sais, j'en ai lu plusieurs. Depuis Eat, Pray, Love, c'est la mode. Que dis-je, depuis Jane Austen, depuis Virginia Woolfe, c'est la mode. J'ai de la difficulté à dire pourquoi ce livre m'attire plus que les dizaines d'autres du genre que j'ai lus. Tout ce que je sais, c'est que j'ai lu jusqu'à 2h AM hier, et que je ferai probablement la même chose cette nuit.


J'ai vu, en me promenant à Ottawa, lundi, dans la vitrine de la chic Librairie du Soleil, un sac où il était inscrit: "L'été, je ne bronze pas, je lis". Ce leitmotiv me convient parfaitement.

Si pour certains, l'été c'est fait pour jouer, pour moi, l'été, c'est fait pour lire. Mais pas lire n'importe quoi. Ce qui est bien de l'été, c'est que je peux passer des heures normalement productives à m'enfoncer dans un bon gros livre que j'ai le loisir de lire en 2 ou 3 jours, alors que durant le reste de l'année, je devrais prendre 2 ou 3 semaines afin d'arriver au même résultat.

Le lien au livre est tout à fait différent. En vacances, je m'attache aux personnages alors que le reste du temps, il restent de lointaines connaissances que je retrouve alors que je suis trop fatiguée pour réellement apprendre à les connaître. Portia, en ce moment, est mon amie. Je veux savoir ce qui lui arrivera, comme je voulais savoir ce qu'il arriverait à Felicia et Frisco, dans le General Hospital de mon adolescence. Je m'identifie à elle. Je veux son bien et comprends sa douleur. J'essaie de prédire son sort et suis triste d'apprendre que j'avais raison en songeant au pire. Je suis agente d'admission à Princeton par procuration. Je marche dans les allées de l'institution légendaire par un soir de décembre frisquet. Je voyage en Nouvelle-Angleterre pour rencontrer les jeunes les plus brillants d'Amérique. Je bois du vin avec des profs de la faculté d'anglais. Calée dans mon divan, je voyage. Et ça ne m'a pas coûté 30$...

Bien choisir ses livres est donc, encore plus l'été que n'importe quand durant l'année, aussi important que de bien choisir ses amis. Mieux vaut lire un vieux People ou un journal qu'un mauvais livre. La vie est trop courte. L'été file. Je sais aussi que, comme pour les amis, tomber sur un bon livre relève de la chance. Je vous souhaite cette chance.

Si vous le désirez, partagez-moi votre coup de coeur littéraire estival. Mon livre sera fini dans 200 pages et j'aurai besoin d'autre chose bientôt.

Sur ce, je m'en retourne étudier des dossiers en vue de la prochaine rentrée de Princeton. Ce sera passionnant.

mardi, janvier 13, 2009

Passeport pour...


Il me reste une semaine avant de commencer à enseigner, je dois faire ce que je n'ai pas le temps de faire, normalement. Lire le jour, regarder The View et Oprah, écrire ce blogue et aller faire une petite visite au bureaux des passeports de l'exquise Place du Centre, secteur Hull.


Première étape: me faire prendre en photo. Je ne reviens toujours pas du fait qu'on nous demande de ne pas sourire. On doit se forcer pour avoir l'air bête, alors qu'on nous a toujours appris à sourire pour la caméra. Et en plus, j'ai le goût de sourire, car la photo qui est prise me permettra de voyager, une des choses que j'aime le plus sur terre. Du Maine à Istanbul, mes rêves sont vastes et j'ai le goût de sourire, juste à y penser. Penser à réprimer ce sourire, pour que les officiels devant se charger de délivrer mon passeport ne me refusent pas celui-ci, sous prétexte que j'avais l'air trop heureuse à l'idée de voyager une fois de plus est un réel défi.


Deuxième stop, le bureau des passeports. Je tourne pendant une bonne vingtaine de minutes pour me trouver une place de stationnement (grève-d'OC-Transpo-qui-force-les-gens-à-prendre-l'auto oblige). Je suis prête à affronter le monstre de l'attente interminable: j'ai une barre tendre, mon Wally Lamb de 750 pages, mon IPod rempli de 7500 chansons. Je devrais être OK pour meubler les heures qu'il me reste avant de donner mes photos non-souriantes et ma demande dûment remplie. J'ai 38 ans, j'ai une maîtrise en psycho, j'enseigne depuis 10 ans et je suis quand même un peu nerveuse... et si j'avais oublié une lettre, dépassé une case... La dame de l'accueil regarde mon ancien passeport et me demande: "Comptez-vous voyager autant dans les prochaines années?". Je voudrais lui expliquer que oui, j'aimerais bien, mais que voulez-vous, on ne sait rien de la vie. Si je pouvais, je partirais tout de suite, loin et voyagerais, comme l'an passé, et reviendrais un peu plus souvent, pour mieux repartir. J'aimerais cela, tien, partir en reportage. Parler aux gens, écrire à propos de mes rencontres. Bien sûr, la file est longue et je ne dis pas cela à la blême préposée qui doit déjà être frustrée de voir tous ces gens partir et pas elle. Je réponds donc "OUI" à la question, sans savoir si cela sera vrai. Je ne prends pas de chance et me commande une passeport X-Large de 48 pages. 5$, ce n'est pas cher pour espérer remplir 48 pages avec des étampes de Russie, d'Australie, du Japon ou des États-Unis d'Obama.


Surprise, l'attente n'a pas été si longue que cela. Une heure et quart, environ. Je crois que j'ai pris plus de temps à retrouver mon chemin en dehors de l'infâme Place du Portage, pour sortir de ce labyrinthe de fonctionnaires. Vous avez déjà visité ce lieu? Il me semble que c'est l'endroit idéal pour placer un bureau des passeports. Lorsqu'on y met les pieds, on a 10 fois plus le goût de partir loin de ses éclairages blaffards et de ses murs bruns. Ce n'est pas pour rien qu'il y a 1000 stands à café différents, on a vraiment besoin de beaucoup de caféine pour ne pas s'endormir, en marchant dans cette aberration architecturale.


Voilà, j'aurai mon passeport au plus tard le 28 janvier. A temps pour mon prochain voyage: San Francisco en mars. Un court voyage, 5 jours. Jamais assez long pour que ne s'applique cette si savoureuse phrase de la regrettée Emma Bombeck: "When you look like your passport photo, it's time to go home"


samedi, janvier 10, 2009

Ce blogue n'est pas mort

Il y a bien longtemps que je n'ai pas écrit. Il y a eu la fin de la session, puis il y a eu le temps des Fêtes. Entre temps, il y a eu le décès d'un ami très cher. Je ne savais plus quoi écrire. Les sujets qui me venaient à l'esprit repartaient comme ils étaient venus, sans me laisser trop d'inspiration au passage. A la suite du décès de Bruno (Djoubi, dans le monde virtuel), tous mes sujets me paraissaient futiles. On dirait que je n'étais pas capable d'accepter que celui qui a inspiré la création de ce blogue ne pourra plus jamais écrire d'entrée. Je ne savais plus quoi écrire. Je ne le sais pas encore tout à fait, mais je retrouverai bientôt le fil de mes idées. Ça s'en vient.

On est samedi soir. Le Canadien vient de remporter une belle victoire. Je ne regarde jamais le hockey, mais en regardant la fin de la dernière période, ce soir, j'ai cru en l'espoir. Les joueurs se sont démenés et ont gagné, à la toute dernière minute. Ça peut aussi m'arriver. Si je travaille fort dans les coins, si je ne lâche pas, si je patine. Je peux vaincre mes adversaires, qui sont surtout intérieurs. Je vous en reparlerai une autre fois.

Je vis dans un pays qui n'est pas en guerre. Je n'ai pas froid, dans ma maison bien isolée, même s'il fait -25C. dehors. Demain, j'irai peut-être patiner sur le Canal Rideau et ce sera même la deuxième fois de la saison, puisque j'ai eu la chance de faire glisser mes patins sur celui-ci le 1ier janvier. Si je n'y vais pas, c'est que j'aurai décidé de lire cette délicieuse brique qu'est le nouveau Wally Lamb " The moment I first believed". Lundi, j'irai faire la queue au Bureau des passeports et j'aurai la chance de me plonger dans cet excellent roman, écrit par le meilleur auteur de notre temps (à mon humble avis).

Voilà ce qui me traverse l'esprit, en ce moment. Voilà pourquoi je me sens bien ce soir, en renouant avec mon blogues et en écoutant les Fidèles insomnies d'Alain Lefèvre.

J'écrirai plus longuement bientôt. Je vous le promets.

mardi, novembre 18, 2008

Cette belle neige qui tombe...et ne tombe plus!

Cette belle neige qui tombe me rappelle que ce sera Noël bientôt. D'habitude, j'ai un frisson d'effroi lorsque j'arrive à cette prériode de l'année. Je me dis que je n'y arriverai pas, qu'avant que Rudolph ne pointe son nez illuminé, je vais crouler sous les corrections et la fin de session à bien boucler. Je me demande, angoissée, ce que j'achèterai à tout le monde et ne me vois pas autrement qu'en faisant une course contre la montre, le 23 décembre, cherchant LE cadeau qui fera plaisir à chacune des personnes que j'aime.

Pas cette année, non les amis. J'ai même hâte à Noël, imaginez-vous. Armée de ma nouvelle robe de chambre molletonnée et du spécial "Apprendre à survivre au temps des Fêtes" de ma chère Oprah, je me préparerai à faire ce que je ferai lors de la période des Fêtes: relaxer. Et cette petite neige qui tombe m'invite à cela: respirer, prendre cela cool, pour la première fois depuis mon retour au pays, en juin.

Pourquoi suis-je ainsi? Est-ce que la lecture d'Eckart Tolle porte enfin ses fruits? Je n'en sais rien. Ce que je sais, c'est que je me suis ennuyée de mon Noël québécois, l'an passé. Ne me méprenez pas, les marchés de Noël de Barcelone, de Liège et d'Antwerp étaient magnifiques et il y a quelque chose de très intéressant à vivre Noël au loin. Tout de même, je suis contente d'être ici cette année et de vivre les Fêtes avec les miens. Et la neige! Je sais que vous l'avez pelletée, l'an passé, à vous en faire des tours de reins, mais moi, à part un peu de neige éternelle en Norvège, je n'ai pas vu de neige depuis mars 2007. De quoi s'ennuyer, non?

Je crois que je m'écris cette entrée comme moyen préventif. Cette année, je ne veux pas tomber dans la folie des fêtes. Je ne veux pas être ensorcelée par cette perception que je n'y arriverai pas. Nous allons tous arriver à Noël en même temps, comme on dit souvent. La différence, c'est que, cette année, j'aimerais y arriver en paix. N'est-ce pas le plus beau cadeau que je puisse m'offrir?

La neige ne tombe plus. Le gris est revenu, peut-être pour me rappeler que novembre est encore là pour un bon moment et que, si je veux arriver à être en paix en décembre, je dois faire tout ce qu'il me reste à faire d'ici là, en profitant de ce moment gris qui est le plus beau, puisqu'il est le moment présent. Il est tout ce que j'ai.

mercredi, novembre 05, 2008

Yes, we can!

Je parlais à ma soeur tantôt. Elle a eu la chance inouïe d'être à Times Square, hier soir. Elle m'a dit qu'elle avait vécu l'une des plus belles journées de sa vie. Et je la crois. Je n'étais ni à New York, ni à Chicago hier, mais j'ai quand même ressenti l'immense sérénité qui semblait souffler sur le monde entier, aujourd'hui. Partout, on parle d'espoir, de changement et de nouvelles possibilités. Un noir est président des États-Unis. Un homme jeune, beau, intelligent, ayant une belle femme qui semble équilibrée et de jolies petites filles dirigera la plus grande puissance du monde. L'homme nommé Obama parle bien. Il a les mots de Harvard et l'intonation des profondeurs du Sud. Il a un sourire qui déplace des montagnes. Il est honnête, droit et organisé. Je le voudrais comme ami, je le voudrais comme patron, je voudrais qu'il soit mon président.

Aujourd'hui, tout avait un sens: le jazz avait un sens, les nouvelles avaient un sens, nos discussions étaient empreintes d'un nouveau sens. Je sais que c'est à cause de l'été indien, mais le fond de l'air avait une douceur qui, il me semble, était tout à fait appropriée pour célébrer le début de l'ère Obama.

Ne vous méprennez pas, je n'ai pas passé ma journée à me dire "Yes we can" et "We shall overcome" et à chanter "C'est le début d'un temps nouveau". Mes élans lyriques ont été stoppés assez rapidement, ce matin. En m'en allant travailler, roulant sur le bucolique boulevard St-Joseph, j'ai aperçu, à côté d'un concessionnaire automobile, les pancartes libérales installées cette nuit. J'imagine qu'elles ont été posées aussi tôt afin de nous démontrer que pour la prochaine élection provinciale, notre cher Jean Charest est toujours aussi prêt. Cette fois-ci, il nous dit qu'il faut d'abord penser à l'économie. Je veux bien, mais on est quand même très loin de l'inspiration "obamesque". Quand je vois une libérale dame blonde me dire que je dois d'abord penser à l'économie, j'ai le goût de m'enfuir au Vermont, car on aura peut-être le droit maintenant de rêver, au pays de l'oncle Sam.

Il ne faut quand même pas que je laisse une campagne provinciale puant l'opportunisme démolir mes beaux espoirs. Assez que j'ai de la difficulté à croire que Obama, sa femmes et ses 2 innocentes petites filles ne se feront pas corrompre par le star système américain. Je ne suis pas la seule à avoir peur. Je vous laisse avec cet extrait d'une lettre de Alice Walker (auteure de "The Color Purple"), adressée à Obama.

"I would advise you to remember that you did not create the disaster that the world is experiencing, and you alone are not responsible for bringing the world back to balance. A primary responsibility that you do have, however, is to cultivate happiness in your own life. To make a schedule that permits sufficient time of rest and play with your gorgeous wife and lovely daughters. And so on. One gathers that your family is large. We are used to seeing men in the White House soon become juiceless and as white-haired as the building; we notice their wives and children looking strained and stressed. They soon have smiles so lacking in joy that they remind us of scissors. This is no way to lead. Nor does your family deserve this fate. One way of thinking about all this is: It is so bad now that there is no excuse not to relax. From your happy, relaxed state, you can model real success, which is all that so many people in the world really want. They may buy endless cars and houses and furs and gobble up all the attention and space they can manage, or barely manage, but this is because it is not yet clear to them that success is truly an inside job. That it is within the reach of almost everyone." (http://www.theroot.com/id/48726)

Je n'aurais pas pu dire mieux.

Je nous souhaite que ce temps doux dure longtemps. Le monde a besoin de recommencer à sourire, vous ne pensez-pas?

vendredi, octobre 31, 2008

Novembre, enfin!

Je sais, novembre n'est pas le mois préféré de la majorité. On voit les pharmacies couvrir leurs rayons de décorations de Noël et on se dit "Il me semble que l'année a passé si vite et que c'est trop tôt pour penser aux Fêtes". Chaque année, on se demande qui a le temps et le sens de l'organisation nécessaires pour commencer à se préparer pour Noël au début du mois de novembre. Ce n'est donc pas parce que j'ai commencé à penser à ma recette de farce de dinde que je me réjouis que le mois d'octobre soit fini.

Pourquoi donc dis-je le contraire de Dédé Fortin qui criait à qui voulait l'entendre : "Dehors novembre"?

Parce que octobre a été un peu trop intense à mon goût. Parce que je n'ai pas eu le temps de souffler, durant les 3 dernières semaines. Parce que novembre se profile comme un mois plutôt calme, côté engagements. Pas trop de choses de prévues encore, juste ma petite vie normale. Et j'ai besoin de cette normalité, pour me reposer un peu, pour retomber sur mes pieds.

Je crois que novembre est sous-évalué, comme je crois que juillet est sur-évalué. En juillet tout le monde est supposé être heureux. Il faut profiter du soleil, sur notre terrasse: pas le temps de douter du sens de notre existence. Il faut boire de la sangria sur une terrasse, entouré de gens bronzés qui savent profiter de la vie. En général, je ne relève pas bien ce défi et je suis plutôt misérable, lors des canicules de juillet, lorsqu'on dit qu'il fait enfin beau. Je l'ai déjà écrit ici, je crois.

A force d'essayer de nous convaincre à coup de statistiques sur les taux de suicides qui augmentent, on en vient à nous convaincre que novembre doit être gris. Et si, plutôt, novembre devenait le nouveau septembre (comme 30 ans est le nouveau 40 ans?). Je me propose donc de faire une deuxième rentrée. Recommencer à neuf, avec des résolutions novembresques: lire plus, recommencer le yoga, marcher dehors tandis qu'il ne fait pas moins 40, suivre assidûment 30 Rock, faire plus de soupes, respirer avant le rush de la fin de session. Le temps est ce que j'en fait. Et novembe peut être le plus beau des mois, si je le décide.