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Une histoire de filles

Le 8 mars approche. Malgre mon cote feministe j'ai tendance, au Canada, a trouver cette journee vaguement anachronique. En tant que femme je me sens respectee et valorisee, en Amerique du Nord. Bien sur, nous n'avons pas encore la parite salariale et peu des notres sont au pouvoir, mais nous sommes quand meme ecoutees et notre voix est signifiante.

Cette annee, j'ai le gout de celebrer le 8 mars, car le monde dans lequel je voyage a besoin de continuer a accorder une plus grande place aux filles.

Deux faits m'ont particulierement touchee, depuis le debut de mon periple asiatique. En Inde, je lis dans le journal que les femmes devront dorenavant occuper 33% des sieges du gouvernement. Je m'en rejouis pour 2 secondes jusqu'a temps que je vois que la photo illustrant l'evenement nous montre 5 hommes tous fiers de leur coup. Pas une femme n'est presente. Le symbole est beau, le chiffre est attrayant, mais la femme reste encore dans l'ombre, oubliee, confinee a la salle d'attente. Dans un pays ou l'homme prend toute la place publique et ou la femme n'est montree que pour ses qualites de seduction, on est loin de l'egalite reelle.

Au Laos, nous sommes restes dans un village pour une nuit. En arrivant, tous les habitants de celui-ci se sont sauves dans leur hutte, effrayes par notre presence. Peu a peu, des enfants sont sortis de leur taniere pour venir a notre rencontre. Mathieu et moi, forts de nos 10 ans de camp de vacances, amorcons le contact en jouant au tic-tac-toc avec les jeunes. Seuls de petits garcons acceptent de jouer avec nous. Meme chose pour le petit cochon. Les gars s'en donnent a coeur joie pendant que les petites filles restent en dehors du cercle a regarder le jeu, sans y participer. Peut-etre ne veulent-elles pas salir leurs vetements ou ont-elles peur de se faire mal. Mais peut-etre aussi ont-elles ete eduquees a rester sur le cote, a l'ecart de l'action. Sages, propres, polies, a l'ecart.

Je me suis sentiee profondement touchee par ces evenements et me suis dit qu'il y avait encore du chemin a faire. Des femmes dirigent de grandes entreprises. Des femmes sont presidentes ou candidates a la presidence. Dans de nombreux pays, on peut dire "You've come a long way, baby", mais le chemin n'est pas termine et de nombreux 8 mars seront necessaires pour que les petites filles laotiennes et les politiciennes indiennes fassent vraiment partie du cercle ou se passent les vraies choses, ou se prennent les vraies decisions. Et le monde sera ainsi plus beau, plus en paix, si vous voulez mon avis.

Je crois que je ne dois pas rester impuissante devant cette situation. Je dois continuer a inviter les petites filles a jouer. Je dois jouer moi-meme pour montrer aux filles qu'elles peuvent se salir et en rire. Je dois encourager mes eleves a prendre leur place quel que soit leur sexe. Je ne dois pas hesiter a parler, a m'engager, a faire entendre ma voix.
Sur ce, bon 8 mars a toutes et a tous. Je m'en vais decouvrir le Cambodge et ses tristesses.

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Comme vous l'avez probablement remarqué, j'aime mieux m'occuper de mon blogue que de mon jardin. Les premiers jours, j'en étais obsédée. Je prononçais le mot blogue plus souvent que tout autre mot de la langue française et Mathieu (n'ayant pas encore parti son "Let it blogue") était probablement près de mettre ses valises près de la porte, comme môman de la P'tite vie, pour que j'arrête de parler de ma nouvelle obsession. Après des années à remplir des pages de journaux intimes plus pathétiques les uns que les autres, j'ai enfin trouvé une façon d'écrire pour autre chose que mon nombril. Et de plus, j'ai décidé (de façon idéaliste) que si les gens n'aiment pas ce que j'écris, ils n'ont qu'à aller lire ailleurs. Donc depuis une dizaine de jours, j'écris, je colle des images, je me fais un petit scrap book public. J'ai remplacé " Décore ta vie " par " Décore ton blogue ". Pas mal plus construct...

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