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Budapest, ou le bonheur qui ne finit pas (pour le moment, du moins).

Disons-le d'emblee, Budapest est une tres jolie ville qui pourrait, si elle continue a me charmer ainsi, ravir la place de choix qu'occupaient, dans mon palmares des plus belles villes visitees lors de ce voyage, Vienne et Cesky Krumlov. Encore une fois, je me demande a quoi mon amour pour une ville tient et, surtout, combien de temps mon bonheur arrivera a durer.

Pourquoi est-ce que j'aime cette ville? A Budapest, coule le Danube qui, au coucher du soleil, est d'un bleu qui ressemble a celui qui a du inspire Strauss a composer sa celebre valse. Je sais que celui-ci etait autrichien, mais il est peut-etre venu a Budapest par un beau soir de septembre s'inspirer, qui sait...

Nous logeons dans un minuscule appart meuble IKEA et decore de draperies de tulle bourgogne. Dans cet appart, nous cuisinons des pates exquises confectionnees avec le pesto et les olives que nous achetons, de meme que notre tres bon fromage, dans une epicerie fine qui se situe a deux coins de rue de chez nous et qui semble sortie d'un joli quartier de Florence ou de Rome. Et le vin... Si vous n'avez a songer qu'a une raison pour visiter la Hongrie, cela peut etre (si vous etes amateur), son excellent vin. Avant de rentrer chez nous, nous arretons chez Bacchus, qui compte ce qu'il y a de mieux du vin produit dans les 22 regions vinicoles que compte la Hongrie et nous achetons une bouteille qui nous dure 2 jours. Nous aimons etirer le plaisir, voyez-vous. Et ce qu'il est bon et capiteux, ce doux nectar. La plupart des bouteilles n'etant disponibles qu'ici, il faut faire le voyage pour en profiter. Si vous ne savez que faire de vos prochaines vacances, Budapest en septembre est une merveille. Vous n'en serez pas decu, je vous l'assure. Et si vous l'etes, vous pourrez boire du bon vin pour vous consoler.
Une autre raison d'aimer Budapest-la-jolie est son architecture heteroclite. Un vrai patchwork de styles qui passent allegrement, dans une meme rue, du neo-renaissant, a l'art nouveau, en passant par le baroque. Et je n'ai meme pas encore parle des bains, ces spas datant de siecles anciens, importes par les Turcs qui ont jadis envahi la ville et lui ont laisse ces grands bains thermaux et ces magnifiques piscines publiques ornees de tuiles multicolores qui sont accessibles au grand public a un prix derisoire. On sent qu'on fait la vie des gens riches et celebres, a un peu plus de 10 $ par personne.

Toute cette dolce vita me fait reflechir, bien sur. Je ne suis pas encore une epicurienne finie, voyez vous. Je me demande constamment quelle est la tuile qui va nous tomber dessus. Quand rencontrerons-nous les perils du long voyage? Ca devrait venir bientot, car nous partons pour la Roumanie rurale lundi. Pensez a nous le 24, nous serons 14 heures dans le systeme ferroviaire roumain qui a ete compare defavorablement a celui de la Chine rurale. Au moins, le gentil proprio de l'auberge ou nous resterons m'a assure qu'il viendrait nous chercher a notre arrivee a la gare, a 21 h 23 (si tout va bien). Nous partons a 6 h AM. Je vais profiter de la vie facile qui coule comme le Danube ici, a Budapest (sans trop me poser de questions) pendant que je le peux...

Un peu nevrosee, je me demande ce que j'ai fait pour meriter tous ces bonheurs. Habituellement, je travaille et merite mon repos. La, je dois sortir de ma logique behaviorale de travail - recompense. Le moment present est a moi et je n'ai qu'a en profiter, meme si je ne l'ai pas toujours merite. Il m'est donne.

Je vais penser a cela en visitant mon deuxieme spa en 4 jours, demain. Quelle bonne facon de nous preparer aux trains roumains. Ca devrait m'aider a me sortir de ma culpabilite de bonne fille catholique qui doit souffrir pour etre bien. Parfois (souvent meme) ce n'est pas necessaire. Un bain de vapeur suivi d'un bon cabernet sauvignon hongrois fait la job tout autant...

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