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C'est à ton tour de te laisser parler d'amour

D'habitude, je reste plutôt de glace face aux caprices de la météo. Alors que le Québec entier semble s'émouvoir des trop nombreuses chutes de pluie estivales, moi je m'en réjouis. Je me dis qu'une petite pluie n'a jamais fait de mal à personne. Elle ne fait que donner aux travailleurs une bonne raison de se réjouir de ne pas être en vacances et aux vacanciers, une bonne excuse pour ne pas avoir à faire du plein-air et plutôt rester en dedans pour écouter "The View", "Regis and Kelly" en reprise ou "Des kiwis et des hommes".

Hier, je ne voulais pas qu'il pleuve. Et je n'ai pas été déçue. Il faisait un soleil resplendissant. Il ne faisait pas trop chaud. Un petit vent venait balayer le fond de l'air humide typiquement outaouais. Il n'aurait pas fallu qu'il pleuve, parce que cela aurait assombri le "surprise party" de l'une des personnes les plus lumineuses que j'ai la chance de connaître. Elle se nomme Sylvie et elle a eu 60 ans il y a peu de temps. Nous sommes arrivés à 15 h 30 à la maison de la mère de Sylvie (qui est aussi généreuse que sa fille: la pomme n'est pas tombée très loin de l'arbre). Déjà, une vingtaine de personnes avait commencé à faire la fête sous le soleil. A 4 heures, nous étions certainement 60 à accueillir Sylvie qui ne se doutait pas une miette de ce qui l'attendait. Après une bonne minute passée avec les mains sur la figure, elle est sortie de sa voiture et a salué tout son monde. J'ai voulu pleurer tellement je sentais la joie sincère qu'elle avait de nous voir, rassemblés pour elle, en ce beau samedi de juillet.

Il y a longtemps que je n'avais pas assisté à une telle fête. Le buffet était succulent. Le vin coulait à flots et Sylvie voguait de table en table, pour parler à tous ces gens qu'elle a connu à un moment ou l'autre de sa vie. Je la sentais profondément heureuse. Elle chantait et dansait. A la voir aller, nous ne pouvions qu'avoir l'envie de chanter avec elle pour remercier la vie de nous avoir donné une aussi belle journée.

Je me suis demandée si j'aimerais qu'on me fête d'une telle façon. Je n'en sais rien. Je crois que notre style de fête préféré correspond intiment à ce qu'on est, au plus profond de nous-même. Peut-être qu'à 60 ans, je serai un peu moins introvertie et que je voudrai voir tout mon monde rassemblé.

Mes amis m'ont organisé, il y a quelques années, une fête qui m'a profondément marquée. Assise dans un café, je recevais la visite de différentes personnes qui venaient jaser avec moi. Après quelques minutes, les personnes partaient, et laissaient leur place aux suivantes. On discutait tranquillement de nos projets, de nos voyages, de nos joies et de nos doutes. Je n'avais pas à me dépêcher pour voir tout le monde. Les gens venaient à moi. Le soir, on avait fait un souper à 4 et on avait fini cela en dansant dans le salon. Cette fête restera une des plus belles que j'aie vécu.

J'ai aussi bien aimé ma fête de cette année. Une surprise comme je les aime: intime et simple. Mathieu avait invité Jean et Nancy, nos éternels complices. Je ne me doutais tellement pas de leur venue que j'étais en pyjama lorsque Jean est arrivé... Ce dernier m'a réservé une surprise du tonnerre: il a fait imprimé et a collé sur des cartons 50 des photos de voyage que j'ai affichées sur Facebook. Je n'en revenais tout simplement pas. Le lendemain, nous sommes allés à St-André. Notre ami Martin est venu souper avec nous et nous avons bien mangé, bien ri et bien bu. Pas de trompettes, pas de flûtes. Juste la joie de se retrouver.

Sylvie a eu une belle fête de soleil. Et cette fête lui allait à merveille. Pour l'instant, je crois que j'aime mieux une fête chandelle, une fête clair de lune. Je sais que tout le monde n'a pas la chance que Sylvie et moi avons eu cette année. Je sais que certaines personnes fêteront leur anniversaire seules ou entourées de gens qui se chicaneront. Je sais que certains pleureront, car une personne aimée ne sera pas là pour la première fois, le jour de leur fête. Pour cette raison, je me dis que je devrais arrêter d'obséder sur cette stupide notion d'âge et avoir hâte à ma fête, comme lorsque j'avais 10 ans et que je me doutais bien que je pourrais enfin recevoir le disque de Nathalie Simard entourée de ses toutous roses. Je veux aussi faire plus d'efforts pour souligner la fête des gens. Parce que je sais combien ça fait plaisir de recevoir, si ce n'est que par le biais d'un petit mot écrit sur Facebook, un souhait sincère de bonne fête.

Si c'est votre fête aujourd'hui, je vous la souhaite lumineuse, si vous êtes comme Sylvie ou de bruine, si vous êtes comme moi. Solitaire, si c'est ce dont vous avez besoin ou festive, si vous n'avez pas souri depuis longtemps. Je vous souhaite surtout d'être entouré de personnes sensibles et généreuses qui sauront bien vous écouter afin de saisir le type de fête qui vous fera vous sentir heureux d'être venu au monde, il y a de cela quelques années. Comme Sylvie l'était hier. Et comme je l'étais la semaine dernière.

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