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Dormez, Ingrid

Lu dans le Guardian d'aujourd'hui:

But yesterday she (Betancourt) admitted post-release euphoria was beginning to give way to exhaustion. "I know that it's like the roaring of the waves, I know it's coming and it's getting closer, I know that it's time for me to just stop. I don't want to be submerged by depression."

Il y a 6 jours, Ingrid Betancourt était attachée à un arbre. Hier, je l'ai vu parler à Larry King, à CNN. Elle me semblait épuisée, mais elle souriait. Ça doit faire sourire de sentir la liberté qui s'installe tranquillement en soi et autour de soi. J'imagine qu'on veut crier notre bonheur au monde, lorsqu'on est enfin libre, après avoir vécu dans la terreur et la barbarie.

Si Ingrid était mon amie, je l'amènerais au Maine. Ou en Croatie. Je regarderais avec elle le bleu de la mer et je la laisserais dormir longtemps, tranquille. Loin des cameras, loin de la politique, loin de sa vie d'otage. Nous mangerions des sorbets et parlerions de choses superficielles. De ce qu'on ne parle jamais, en plein milieu de la jungle colombienne. Je lui demanderais ce qu'elle pense de Carla et de Sarko. Je lui prêterais un livre d'Anna Gavalda ou Eat, Pray, Love.



Je ne suis pas son amie. Je comprends à peine ce qui lui est arrivé. Cependant, à chaque fois que je la vois, j'ai le goût de lui dire qu'elle mérite des vacances et qu'elle n'est plus obligée d`être enchaînée aux medias qui ne la lâchent pas. A sa place, il me semble que je voudrais être entourée des miens, faire des confitures aux fraises ou lire des People's. Pour longtemps. Probablement qu'Ingrid et moi, nous ne sommes pas faites de la même façon. C'est une battante, elle veut sauver ceux qui ont vécu la même chose qu'elle. C'est honorable, mais celle qui devrait, selon moi, recevoir le Nobel de la paix en a assez fait pour le moment. Elle mérite qu'on la laisse tranquille. Elle mérite de s'accorder la liberté qu'on lui a sauvagement enlevée. Elle mérite de respirer sans avoir peur, enfin.

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