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Jusqu'à la dernière lettre

J'ai été touchée d'apprendre, en revenant du travail, que le journaliste Michel Vastel est mort aujourd'hui. Je ne savais pas qu'il était malade. Je ne partageais pas toujours ses idées, mais j'aimais, à l'occasion, lire son blogue et le voir à la télé. Je crois que ce qui m'a encore plus étonnée que de le savoir mort a été le fait de constater qu'il a écrit une entrée de blogue...aujourd'hui! Je ne sais pas quelles ont été les circonstances de son décès, mais je trouve la vie bien étrange parfois. Une minute, le monsieur dit aurevoir à ses lecteurs virtuels, la minute d'après, il n'existe plus. J'ai lu ses entrées des derniers jours. Il ne se plaignait pas de sa santé, mais parlait plutôt du ministre Couillard.

Michel Vastel ne voyait pas son blogue comme une chronique personnelle, mais bien comme un espace de réflexion public. Je pense que si j'étais en train de mourir, je ne pourrais pas m'empêcher d'en parler. Monsieur Vastel n'avait pas une approche personnelle. Il est resté fidèle à lui-même jusqu'à sa mort. Dans sa dernière entrée, il disait qu'il entrait dans ses terres. J'espère qu'il est bien dans celles-ci. Sentait-il qu'il allait partir aujourd'hui? Avons-nous lu une lettre d'adieu au blogue ou une lettre d'adieu à la vie? Je n'en sais rien.

Cet événement me fait penser au lien existant entre la mort et Internet. J'ai déjà eu la tristesse d'apprendre la mort inattendue de quelqu'un de proche par courriel. Le choc total. Je me demande si, à l'heure de Facebook et de Myspace, nous nous mettrons à dire aurevoir à ceux que nous aimons mais que nous ne voyons plus par l'entremise de ces sites. Le jour de ma mort, est-ce que je voudrai écrire une dernière entrée de blogue, pour être présente sur la Toile jusqu'à ma dernière lettre? Je n'en sais rien. Je m'interroge.

Je ne veux pas trop penser à la mort ce soir, je ne dormirai pas bien. Je vais plutôt me mettre en contact avec la vie qui débordera (enfin, je l'espère) du discours de Barack Obama qui parlera dans quelques minutes aux Démocrates qui feront peut-être un jour le deuil des Clinton. Je suis certaine que monsieur Vastel aurait aussi écouté ce discours. Et, même malade, même fatigué, il en aurait parlé avec passion et éloquence dans son blogue, ce soir ou demain matin.

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