Passer au contenu principal

Messages

Out of Africa

Hier matin, j'ai pris la pire douche de ma vie. Et j'ai déjà voyagé en Haïti, où il fallait se laver à la tasse, en Inde où les "bucket showers" étaient fréquentes et au Serengeti, où l'eau était tout simplement glaciale. Ma douche d'hier souffrait clairement de bipolarité. Lorsque je tournais le robinet d'eau chaude, celle-ci devenait bouillante, en quelques secondes. Je tournais alors lentement le robinet d'eau froide et le jet devenait aussi glacial qu'un matin de janvier au Québec. Pas de milieu, que de la peur. Vais-je m'ébouillanter ou me geler dans les prochaines secondes? C'est à ce moment, à peu près à 8 h du matin, le 27 février, que j'ai décidé que j'en avais assez de l'Afrique et que j'étais mûre pour traverser la mer et me rendre en Espagne. Ça tombe bien, c'est ce que nous allons faire, ce matin. Si nous nous rendons... En effet, le trajet en traversier que nous devions faire à 8h30 a été annulé, sans pr...

Inférieures

Saviez-vous que 95% des femmes n'iront pas au paradis, car elles sont de mauvaises personnes? C'est ce que j'ai appris, hier, lors de ma visite de Fès, de la bouche de notre guide marocain, Mohammed, un homme éduqué et intelligent. Père de trois enfants, dont deux filles, il a un diplôme en littérature américaine, parle couramment l'anglais, le français, l'espagnol, en plus de l'arabe, et est guide officiel depuis 15 ans. Cet homme, qui n'a pas du tout l'air d'un extrémiste taliban, pense que la majorité des femmes sont de mauvaise foi, qu'elles passent leur temps à potiner et qu'elles sont, bien entendu, inférieures à leurs congénères masculins. Lorsque Mohammed s'est mis à parler de la vilenie de la plupart des femmes, Mathieu lui a dit: "Mais ce sont les hommes qui tuent et qui font la guerre". Notre guide a alors répliqué: "Hilary Clinton, elle, tue et fait la guerre". Que répondre à cela? J'étais bouche bée....

Zone de turbulence

Je voyage depuis le 2 août. Jamais, depuis cette date, ne me suis-je sentie aussi mal que depuis les trois ou quatre derniers jours. Si nous avions plus d'argent, c'est clair que nous nous envolerions pour le Maroc, notre prochaine destination, le plus rapidement possible. Il y a une semaine, pourtant, tout allait sur des roulettes. Accompagnés de personnes humaines exceptionnelles, nous visitions déserts et parcs nationaux en riant et en discutant de manière intelligente. Il faut comprendre que le voyage que nous faisons est basé sur la collaboration de tous et l'entraide. À tous moments, je voyais des gens autour de moi se donner un coup de main ou partager leurs cannettes de Windhoeck ou leurs bouteilles de vin sud-africain, le soir venu. J'ai entre autres appris à connaitre deux jeunes chinoises, Yi et Gin, qui changeront à jamais la perception que j'ai des gens de ce pays. Et que dire de nos autres co-voyageurs australiens, européens et canadiens. S'ils...

Overlanding

Depuis le 2 janvier, nous faisons un voyage organisé par Intrepid, une compagnie australienne que nous aimons beaucoup. Notre guide, notre cuisinier et notre chauffeur sont trois Kenyans extrêmement gentils et compétents, de vrais pros qui passent leur vie à sillonner le sud et l'est du continent africain à bord d'un immense camion. Attention, nous ne pouvons nommer le véhicule qui nous transporte un autobus, sous peine de nous faire chicaner par notre gentil conducteur James. C'est bel et bien à bord d'un truck tout de même assez confortable, mais sans air climatisé, que nous voyageons avec une quinzaine d'autres touristes provenant de l'Australie, bien sûr, mais aussi de la Grande-Bretagne, du Danemark, de la Chine, de la Suisse, de la Corée du Sud et du Canada. Juché sur des grosses roues, notre camion passe partout. Rien ne lui résiste. Avec lui, nous visitons parcs nationaux et déserts. Nous ne prenons pas toujours les belles routes pavées, loin de là. N...

La dune

Deuxième matin en sol namibien, nous nous levons à 4h30 (de quoi donner raison à notre gentille guide kenyanne, Rose, qui affirme souvent que "This trip is not a holiday, it's an adventure"). Nous démontons notre tente de peine et de misère puis grimpons à bord du camion à bord duquel nous parcourons les routes plus ou moins cahoteuses du sud de l'Afrique. L'objectif de ce lever hâtif? Escalader l'une des merveilles du pays: la Dune 45 (qui porte ce nom, car elle est à 45 km de la ville de Sesria et non parce qu'elle prend 45 minutes à grimper, comme je le croyais). La veille, j'avais vu, dans une boutique, des cartes postales de l'endroit qui semblait très beau, mais aussi très haut. Je me suis vite dit que je ne serais jamais capable de gravir une si haute dune. J'enseigne plein de trucs sur l'estime de soi et la confiance en soi, mais c'est souvent plus facile d'enseigner les vertus du langage intérieur positif que de le pratique...

L'ébène et l'ivoire

Vous connaissez les paroles de la chanson: "Ebony and ivory, live together in perfect harmony, side by side on my piano, why don't we?" Paul McCartney et Stevie Wonder qui chantent ensemble au piano. L'image est belle: le Blanc et le Noir en harmonie. Égaux, ensemble. Qu'en est-il de la réalité, ici, en Afrique du Sud, où le régime de l'Apartheid a été aboli au début des années 90? Est-ce que l'ébène et l'ivoire vivent ensemble sur le même piano? Vous savez sans doute qui est Mandela. On en a beaucoup parlé lors de sa mort, il y a quelques semaines. Vous savez aussi que le régime de l'Apartheid faisait en sorte que Blancs et Noirs ne vivaient pas comme des touches sur le même piano, mais devaient évoluer dans des orchestres complètement différents. Je ne vous raconterai pas l'Histoire. Si vous ne la connaissez pas, louez "Invictus" ou allez au cinéma voir "A Long Walk to Freedom". Ces films sont imparfaits, mais ils montr...

Noël bleu

À la Gaulette, le petit village où nous demeurons jusqu'à demain, il n'y a pas grand chose: quelques snacks, une cabane de pêcheurs, une école, une petite bibliothèque. Le plus grand commerce est, de loin, une belle épicerie. On y trouve de tout: du fromage Caprice des dieux, des Tim Tam, du Bordeaux, du sirop d'érable, des chips Tyrrels, autant que de sublimes ananas et du délectable café de l'Ile. J'y suis allée à peu près tous les jours depuis notre arrivée. C'est devenu mon Métro Limbour. Comme dans toute bonne épicerie, de la musique y joue un peu trop fort. Cette semaine, soit des grands succès des années 80 ou du hip hop se faisaient entendre: rien de trop dépaysant. Je suis allée y faire ma visite quotidienne hier. En arrivant dans le stationnement, j'entends "Let it snow, let it snow, let it snow", après c'est "Vive le vent", puis toutes sortes de chansons faisant, l'une après l'autre, l'apologie de l'hiver...

Ralentir

Je voulais faire ma sérieuse et vous trouver une définition du slow travel. Je me disais que ça ferait plus crédible de parler de cette façon de voyager en commençant par citer ce qu'en pensent les spécialistes de la question. Quand je suis venue pour googler le terme, le réseau du Rusty Pelican, auberge où nous demeurons, s'est mis à ralentir. J'ai pris ça comme un message. Je suis à l'Ile Maurice, en plein milieu de l'océan Indien. Je ne peux me dépêcher à trouver ce que ça veut dire que de voyager lentement. Vous googlerez le terme vous-mêmes, donc. Moi, je me contenterai de vous parler de ma vision du voyage au ralenti. Lors de notre précédent périple, en 2007-2008, nous avons commencé l'année en lion. Allemagne, République tchèque, Pologne, Autriche, Slovaquie, Hongrie, Roumanie, Bulgarie, tout cela en deux mois et demi. Je me souviens que notre rythme était haletant. Je me souviens aussi que, le 19 octobre 2007, je me suis cassé la cheville en descenda...

Chronique d'aéroport #3 - On passe à l'Ouest!

Je prendrai aujourd'hui l'avion pour Perth, en provenance de Cairns, une petite ville de l'est de l'Australie. Le vol, d'une durée de cinq heures, m'amènera à l'extrémité ouest du pays que je visite depuis près d'un mois. Ce vol est symbolique, car pour la première fois depuis un bon bout de temps je me rapproche, géographiquement du moins, de chez moi. Nous en avons pris des avions, depuis notre départ. De l'Islande à la Russie, de la Russie à l'Écosse, de l'Angleterre à l'Inde, de l'Inde à la Thaïlande, de Singapour à l'Indonésie et de l'Indonésie à l'Australie, nous avons volé en nous éloignant de plus en plus du Canada. Nous avons aussi volé en Australie, de Melbourne à Sydney, puis avons fait un road trip jusqu'au nord du Queensland. Toujours de plus en plus loin. Toujours de plus en plus proche du bout du monde. Nous partons vers Perth dans quelques heures puis nous nous dirigerons vers l'Ile Maurice, d...

Down Under

Enfant, je rêvais de visiter trois lieux: la Californie (pour y rencontrer des vedettes), la Suisse (pour skier dans ses montagnes) et l'Australie (pour le bleu de ses eaux et pour me rendre au bout du monde). Voilà, c'est fait. J'ai mis les pieds dans chaque région composant mon "top 3". Je me rends compte, en voyageant, que je possèdais très souvent, à priori, une vision très stéréotypée des lieux. Durant mon séjour à Hollywood, par exemple, je n'ai vu ni vedette ni n'ai ressenti le glamour associé à cet endroit mythique. C'est triste, commercial et cheap, Hollywood. Ce n'était pas du tout ce que j'imaginais et la groopie que je suis en a gardé un souvenir amer. Je m'attendais à retrouver en Australie un Canada tropical avec des plages et des oiseaux exotiques. Je pensais que je me retrouverais chez nous ailleurs. J'avais de ce pays une image tirée d'une carte postale. Mais d'où cette perception venait-elle? Comme tout...

En vacances à Melbourne

Je suis partie de chez moi depuis un peu plus de trois mois. Depuis la fin mai, je n'ai pas enseigné, rien corrigé et rien rédigé (à part ce blogue et des statuts Facebook). Je n'ai pas travaillé depuis belle lurette et pourtant je me sens en vacances aujourd'hui, pour la première fois depuis bien longtemps. Pourquoi? Parce qu'avant de partir, il y avait 1000 trucs à préparer et que, une fois partie, il y avait des bouts stressants du voyage qui s'en venaient et qui m'empêchaient de dormir sur mes deux oreilles. J'avais peur de la froideur russe, de la chaleur indienne, de la malaria, de la dengue et de tous ces fléaux présents en Asie. Pour un bon moment, j'étais donc en voyage, mais pas encore en vacances. Il y a un monde entre ces deux mots, je le réalise pleinement aujourd'hui, attablée devant un succulent latte (un des meilleurs de Melbourne, il parait) au café Espresso 95, dans mon coin d'adoption pour la semaine: le quartier St-Kilda, so...

Je ne le savais pas!

Je vous écris aujourd'hui du charmant café ViaVia de Jogjakarta sur l'ile de Java, en Indonésie. C'est un endroit hip-grano que les touristes (des jeunes français, allemands ou néerlandais pour la plupart) aiment fréquenter. La nourriture indonésienne y est très bonne et le café Lavazza, parfait. Depuis une semaine, nous n'avons presque pas vu de touristes. C'est la saison morte, ici, et ça parait. Vous pouvez vous demander ce que je fais ici. Je ne sais pas vraiment ce que je fais ici non plus. Quand nous avons réservé notre voyage organisé, l'an passé, je ne savais pas vraiment dans quoi je m'embarquais. Notre voyage se nomme "From Bangkok to Bali". Je connaissais Bangkok pour y être allée en 2008. Pour ce qui est de Bali, comme toute bonne lectrice de "Eat, Pray, Love" qui se respecte, je veux y aller depuis que j'ai lu le récit d'Elizabeth Gilbert. Je connaissais donc le début et la fin de mon périple, mais je n'avais a...

Ces femmes voilées

Nous sommes à Kuala Lumpur, en Malaisie. Le pays est officiellement musulman. Dans la rue, ça parait un peu. Plusieurs restos s'affichent comme étant halal et le drapeau du pays comporte un croissant doré et une étoile. On n'est pas en Iran ou au Pakistan, par contre. La Malaisie compte 60% de Malais musulmans, 30% de Chinois bouddhistes et 10 % d'Indiens hindous. On se promène donc dans un melting pot de gens qui semblent, à première vue, bien cohabiter. On ne sent pas de tensions, il n'y a pas de graffitis sur les murs, je ne crois pas qu'on discute d'une "Charte des valeurs", ici.  Une partie de notre visite guidée consiste à nous rendre à la Mosquée nationale. Le lieu impressionne, de loin. C'est blanc et c'est beau. Très vite, je comprends que pour visiter l'endroit, je devrai me couvrir. On me passe une espèce de burka mauve pas belle et on me met une cagoule rouge. Je veux crier. Je n'aurais pas dû faire cette visite, mais je ...

Malala la championne

Je suis un peu malade ces jours-ci. Rien de grave. La combinaison décalage horaire-fatigue-alimentation différente-blues de voyageuse un peu flétrie fait en sorte que, même si j'ai dormi un bon 10 heures, je n'ai pas trop le goût de faire quoi que ce soit, aujourd'hui. Pendant que Mathieu est parti à l'aventure explorer des marchés flottants des environs de Bangkok, je suis restée sagement dans ma chambre. Nous avons une vieille télé et je n'espérais pas grand chose en l'allumant. Oh joie, parmi les 2 postes internationaux, il y a BBC World. Je suis donc restée scotchée à mon poste préféré durant tout l'avant-midi à entendre parler des réfugiés africains morts à Lampedusa, de la résistance des Ukrainiens à faire vacciner leurs enfants et de la victoire de la Belgique contre la Croatie au soccer. J'étais prête à fermer la télé et à lire mon roman de Jhumpa Lahiri lorsque j'ai vu la figure de cette adolescente que j'admire tant: la petite paskista...

Maybe later

Ici, dans le sud de l'Inde, c'est le tout début de la saison touristique. Lorsque les vendeurs de pachminas et autres souvenirs voient arriver une douzaine d'Occidentaux, ils se disent que la manne vient de descendre du ciel et qu'enfin, ils pourront faire des affaires, pour la première fois en trois mois. Lorsqu'ils nous voient, ils nous regardent avec des yeux suppliants en nous disant "Please come into my shop, sir, madam". Lorsque nous sommes dans la même ville depuis une couple de jours, ils comprennent que nous ne leur achèteront rien et ne font que nous saluer, mais au début, ils s'essaient à nous vendre quelque chose, c'est normal.  Le jour de notre arrivée à Varkala, j'ai été marquée par un de ces vendeurs qui m'a tout de suite dit, sans que je ne lui dise quoi que ce soit: "Hello, maybe later?". Je crois qu'il est bien habitué de se faire dire cela par des touristes et qu'il a pris les devants. À mon tour je ...

J'ai mon voyage

Nous sommes le 3 octobre. Ça fait un peu plus de deux mois que nous sommes partis. Nous sommes dans le sud de l'Inde et l'humidité frôle les 100%. Le mois d'octobre est celui que je préfère, au Québec. L'efferversence de la rentrée est passée. Les émissions sont commencées depuis un petit bout. Il fait frais et les couleurs des feuilles deviennent vibrantes. C'est l'été indien, comme le chante Joe Dassin et ce sera bientôt la relâche et la collation des grades à mon collège. Je m'ennuie de chez moi et je sais que je ne serai pas au Québec pour un long bout, encore.  Je me suis payé une super longue relâche, qu'est-ce que j'ai à me plaindre de l'humidité indienne, pourriez-vous très justement me dire. C'est peut-être la source de mon malaise actuel. Je sens que je ne devrais pas le ressentir. Je ne travaille pas, ma seule préoccupation consiste à me demander à quel endroit je prendrai mon prochain masala chai, je lis un très bon livre de J...

Revisiter l'Inde

Si vous avez lu le blogue de voyage de Mathieu, vous savez que j'aime bien retourner à des endroits que j'ai appréciés par le passé. Nous sommes venus en Inde en 2008. Nous avions alors visité le Nord du pays, en commençant par sa capitale, New Delhi. J'ai gardé de ce périple d'excellents souvenirs, ce pourquoi j'ai insisté pour que nous visitions le sud du pays, cette fois-ci. Nous sommes arrivés à Mumbai samedi matin, après un vol de 9 heures, en partance de Londres. Ce qui m'a frappée en premier, en sortant de l'aéroport, c'est la lourdeur de l'air. Il fait 30 ces jours-ci, mais 44 avec le facteur humidex. J'ai de la difficulté à supporter cette chaleur à Gatineau. Ici, avec les odeurs pour le moins différentes, c'est pire. Nous sommes arrivés à notre hôtel (Le Residency Fort Hotel: excellent! Séjournez-y si vous passez par Mumbai) vers midi, avons dormi un peu, sommes allés manger (Pizza Hut, un classique indien) puis sommes retournés...