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Dimanche soir


"Dimanche au soir à Châteauguay
Les pieds pendant au bout du quai...
...Plus tard on ira sur le sable s'étendre, pour compter les étoiles filantes"

Je ne suis pas à Châteauguay, les étoiles filantes se sont envolées depuis longtemps et il n'y a pas de quai à proximité pour laisser pendre mes pieds...

Si au moins je pouvais être dans cet état d'esprit, être dans ma tête comme au mois d'août alors que les feuilles sont vertes et que je ne croule pas encore sous le poids des responsabilités automnales. Et dire qu'à ce moment, j'avais si hâte à l'automne!

Donc, dimanche soir de novembre on ne peut plus normal...Je ne dors pas. Oui, je sais, je pourrais boire des tisanes, respirer bien profondément, lire un peu. Je ferai tout cela mais je sais que le sommeil prendra quand même du temps à venir. Il faut se rappeler que ce blogue est tout d'abord une stratégie pour contrer mon insomnie dominicale.

Pourtant, la semaine ne s'annonce pas trop lourde. Je donnerai des cours sur la psychologie humaniste et sur les relations amoureuses, deux de mes sujets préférés. Pourquoi alors ai-je le goût de rester chez moi à me faire un deuxième café que je boirais en écoutant Deux filles le matin , The View, Regis and Kelly et Ricardo? Pourquoi ai-je plus le goût d'écouter souffler le vent en lisant Anne Hébert que de me coucher tôt pour être en pleine forme demain? Suis-je capable de me conformer à l'idée de travailler de 9 h 15 à 5 h 15 du lundi au vendredi ou suis-je restée une veilleuse de nuit dans l'âme? Je pose la question mais je connais déjà la réponse.

Pourtant, je sais que si j'étais sur le chômage, je ne voudrais que me lever tôt, faire mon lunch et partir travailler avec entrain. C'est difficile pour moi de me satisfaire pleinement de ma vie. Comment profiter du moment présent?

Je sais aussi que j'ai survécu à tous les lundis matins de ma vie et à tous les dimanches soirs aussi. Je sais qu'à 19 h 30 demain soir, il y a Rumeurs et que je me rendrai jusque là. Réconfort oui. Mais réconfort qui ne m'aide pas à trouver le sommeil.

Vous, les dimanches soirs et les lundis matins, ça va?

Pour me consoler, je peux me mettre à la place de l'ex-maire de Gatineau trop confiant qui a largement perdu ses élections et qui se retrouve battu par un homme qu'il méprisait, il y a pas si longtemps. Moi, je l'aimais bien cet ex-maire et je ne voudrais pas être à sa place. Il y a des dimanches soirs et des lundis matins pires que les miens, ça c'est certain.

Bon lundi à tous!

Commentaires

Kine a dit…
Les lundis matins, ca va. Il y a des moments dans la semaine qui sont particulièrement pénibles:
-le dimanche entre 15hrs et 20hrs: la fin de semaine se termine, je panique parce que je n'ai pas eu assez de fun.
-le vendredi soir: je suis crevée et irritable.
-tous les mardis de ma vie ont été moches.
Anonyme a dit…
j'ai pensé à toi ce matin, au dépanneur du coin. (Fallait que j'achète de la bouffe pour Carla qui agonisait devant son bol vide).

Toujours est-il qu'au dépanneur, il y avait deux madames probablement sur le BS, qui allaient acheter leurs gratteux, leur liqueur et leurs cigarettes. Du coup, j'ai repensé à notre conversation de la veille, alors qu'on souhaitait être sur le BS pour regarder la télé de jour (ou mieux, mère au foyer sans enfant).

Mais non, je retire mes paroles: je ne veux pas être sur le BS. Je ne veux pas me tenir au dépanneur, vivre en robe de chambre, regarder des vieux films traduits le jour, fumer des rouleuses en buvant un Pepsi. Même si les dimanches soirs et les lundis matins sont parfois déprimants...
Anonyme a dit…
Les lundis et dimanches soirs les plus chiants pour moi c’est quand je sais qu’il y a quelque chose de très important et chiant qui va arriver pendant la semaine, ou que je dois faire quelque chose (un travail par exemple). Mais tu devrais t’habituer aux lundis de maintenant. Je ne fais que m’imaginer un lundi de février où il va faire moins 40. Là, tu as le goût de rester chez vous et regarder la 25e saison des feux de l’amour.
Bonne chance pour tes lundis...

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