dimanche, septembre 25, 2005

Vendredi

Laissez-moi vous raconter l'histoire de quelques uns de mes vendredis...

D'abord, il y a eu les vendredis Janette:

Au début de l'adolescence, je n'avais pas beaucoup d'amis, je vivais à St-André où il n'y avait ni roulathèque ni bar 14-18... Le vendredi soir, je regardais donc L'amour avec un grand A, suivie de Parler pour parler, cette émission où Janette recevait toutes les personnes différentes ou affligées que le Québec pouvait compter. Je me couchais un peu triste, car j'aurais aimée être invitée à un party mais je me disais que les invités de Janette étaient bien pires que moi, ce qui me consolait un peu. Le lendemain, je retrouvais le bonheur en me levant tard et en allant magaziner au magnifique Carrefour du Nord.

Puis, il y a eu les vendredis Friday Night Videos:

Avec Wendy, ma meilleure amie et co-fan de Duran Duran, nous écoutions des émissions de videos jusqu'à 2 h AM. Pour les plus jeunes d'entre vous, je dois mettre ici en évidence le fait qu'il n'existait pas, en 1984, de chaîne de video continus et que nous devions attendre le vendredi soir pour recevoir notre ration de videos. Un peu plus tard, Video Hits est arrivé. Oh joie, nous pouvions voir la très bien coiffée Samantha Taylor nous présenter 5 videos par jour...Friday Night Videos, c'était cette si bonne émission où l'on a découvert les Ratts, Twisted Sisters et autres Loverboy du même acabit... J'aimais avoir hâte de voir des videos. Aujourd'hui, je peux en voir à chaque jour et je n'en vois jamais.

Ensuite, il y a eu les vendredis au Vide-Sac

Oui, vous avez bien lu: le Vide-Sac . Avec le non moins célèbre Caucus, c'était la place hip de la vie nocturne lachutoise. A 17 ans, il n'y avait pas grand chose de plus glamour que de pouvoir sortir dans un vrai bar. J'ai appris beaucoup plus tard que des lignes de coke s'y sniffaient dans les toilettes mais ce n'est pas pour cela que je fréquentais ce bar au nom étrange. Se préparer, se demander ce qu'on portera et surtout danser jusqu'à la fin, jusqu'à Black Betty, qui finissait invariablement la soirée, voilà ce qu'attend de la vie une jeune fille qui finit son adolecence à la fin des années 80 dans la région de Lachute.

Après, je me fais des vendredis Simone de Beauvoir

Au CÉGEP, j'étudiais les vendredis soirs. Je ne peux pas le croire. Je devais avoir peur de ne pas rentrer à l'université si je ne passais pas deux minutes de file à étudier. Pour me détendre, je lisais de la philo. Mais quelle dévergondée j'étais...

Tel-Jeunes bonsoir!

Petit saut dans le temps, me voici en fin de vingtaine intervenante de nuit la fin de semaine à Tel-Jeunes. Une des plus belles expériences de ma vie. J'aimais écouter les jeunes qui rentraient émêchés et surtout écouter les âmes solitaires qui n'avaient pas trouvé personne avec qui parler ou avec qui sortir. Je les comprenais. Nous avions toujours plus d'appels les vendredis et ils étaient souvent plus tristes que les appels des autres soirs. Je sortais "dîner" à 3 h 00 AM et j'allais manger un shawarma sur St-Laurent, entourée de fêtards. J'aimais ces vendredis où, seule avec mon téléphone, je parlais aux jeunes au coeur de leur nuit. Mes vendredis n'ont jamais été aussi lumineux.

Mes vendredis d'aujourd'hui

Pourquoi vous ai-je raconté les vendredis de ma vie? C'est probablement parce que j'ai un rapport trouble avec cette journée et que je tente de redéfinir ce que je veux en faire.

Hier, j'ai aimé mon vendredi soir. Je suis allée prendre un café au Van Houtte puis je suis revenue chez moi. Math et moi, nous nous sommes rapidement décidés à cuisiner un méga sauce à spaghetti. Nous sommes passés à la SAQ nous acheter du bon vin puis nous avons passé le restant de la soirée à cuisiner notre sauce tout en écoutant Macadam Tribu et en jouant au Cinématoscope (le seul jeu où je gagne invariablement contre Math!). Tout simplement. Il n'y avait ni boule disco ni personne à impressionner. Juste une bonne odeur de tomates et d'épices, des rires et un doux sentiment de sécurité "C'est vendredi et je suis bien". Pour moi, c'est presqu'un accomplissement...


Et vous, avez-vous une journée -ou un moment- trouble?
Autre question -pour ma thérapie- que faites-vous de vos vendredis?

Un jour, je vous parlerai de mes lundis matins...

4 commentaires:

Sly a dit...

Les vendredis soir, j'aime ça n'avoir RIEN à faire. Ou encore faire quelque chose de vivifiant, qui ne finit pas trop tard (parce que j'aime ça être en forme le samedi). Comme cette semaine, je suis allée faire de l'escalade intérieure avec des amies, et je suis rentrée à temps pour pogner la fin de Di Stasio. Ma soirée "trouble" serait le samedi. Trop de pression pour avoir du fun. C'est comme le jour de l'an...

Marie-Eve D. a dit...

Comme toi, j'ai eu une évolution dans mes vendredis. Ma première année d'université fut celle du travail et de la fête. Je travaillais au Blockbuster jusqu'à 12h30 et j'aillais boire une bière (ou 2 ou 3) et jouer au babyfoot à la maisonnée. L'année passée, j'allais étudier au starbucks avec mon amie lise-anne et maintenant, je suis avec mon chum.
Ma journée trouble serait le jeudi quand je me dis, en écoutant the oc, que j'aurais dûe être plus productive côté étude. Et là, je me mets à faire des devoirs jusqu'à 1 heure am. Et là, mon vendredi matin, à mon cours, c'est encore plus trouble...

Marie-Eve D. a dit...

Comme toi, j'ai eu une évolution dans mes vendredis. Ma première année d'université fut celle du travail et de la fête. Je travaillais au Blockbuster jusqu'à 12h30 et j'aillais boire une bière (ou 2 ou 3) et jouer au babyfoot à la maisonnée. L'année passée, j'allais étudier au starbucks avec mon amie lise-anne et maintenant, je suis avec mon chum.
Ma journée trouble serait le jeudi quand je me dis, en écoutant the oc, que j'aurais dûe être plus productive côté étude. Et là, je me mets à faire des devoirs jusqu'à 1 heure am. Et là, mon vendredi matin, à mon cours, c'est encore plus trouble...

Anonyme a dit...

Salut Caro,

Je suis un de tes collègues qui ne souffre pas d'insomnie mais qui veut pas que sa fête finisse. Je voudrais rester anonyme.

J'ai moi aussi écouté "L'amour avec un grand A"(même si je suis un homme). J'écoutais ça avec ma blonde de l'époque (qui a fini par faire des études en psycho). Je gagnais ainsi des points et je pouvais ensuite faire "L'amour avec un grand Q".

Ça pourrait faire une bonne heure entière de votre cours de psycho-sexe. Les hommes qui écoutent les femmmes ont plus de chance de scorer.

Bien vôtre,

Monsieur Anonyme