mercredi, septembre 21, 2005

La pluie peut-elle bien faire ses devoirs?

C'est Guy A. Lepage qui a parti le bal, il y a quelques années, en disséquant de façon sarcastique le chanson Changer:

Changer pour que l'amour s'étende des forêts de Shanghaï à l'Irlande . De façon délicieusement ironique, il nous avait démontré le ridicule de cette phrase.

Voilà que Jacques Bertrand et son complice (à la voix d'or!) Phillippe Laguë récidivent en proposant dans le cadre de l'excellente émission Macadam Tribu (Radio-Can, première chaîne, vendredi et samedi de 20 à 22 h) la chronique : Qu'ont-ils vraiment voulu nous dire?

Cette semaine, nos deux troubadours et aventuriers du sens caché s'attaquent à la sublime Là où je t'aime, de Didier Barbelivien. Écoutez leur tordante analyse(http://www.radio-canada.ca/radio/) , et vous m'en donnerez des nouvelles.

Quand même, quelle profondeur!

C'est une maison grise entre un arbre et un abreuvoir
Une région de France où la pluie fait bien son devoir
C'est une terre boueuse où passent les machines agricoles
Une vallée silencieuse où les lapins vont à l'école

Là où je t'aime...

Il y a, en ce moment, une profusion de ces perles qui viennent hanter les ondes de nos radios. J'en ai choisi une, qui m'a toujours laissé perplexe et que voici:

Sous le vent

Garou:

Et si tu crois que j'ai eu peur
C'est faux
Je donne des vacances à mon cœur
Un peu de repos
Et si tu crois que j'ai eu tort
Attends
Respire un peu le souffle d'or
Qui me pousse en avant
Et...>
Céline (take a kayak) & Garou:
Fais comme si j'avais pris la mer
J'ai sorti la grand'voile
Et j'ai glissé sous le vent
Fais comme si je quittais la terre
J'ai trouvé mon étoile
Je l'ai suivie un instant
Sous le vent

Céline:
Et si tu crois que c'est fini
Jamais
C'est juste une pause, un répit
Après les dangers

Et si tu crois que je t'oublie
Écoute
Ouvre ton corps aux vents de la nuit
Ferme les yeux
Et...
Céline & Garou:
Fais comme si j'avais pris la mer
J'ai sorti la grand'voile
Et j'ai glissé sous le vent
Fais comme si je quittais la terre
J'ai trouvé mon étoile
Je l'ai suivie un instant
Sous le vent

Garou:
Et si tu crois que c'est fini
Jamais
C'est juste une pause, un répit
Après les dangers

Céline & Garou:
Fais comme si j'avais pris la mer,
J'ai sorti la grand'voile,
Et j'ai glissé sous le vent
Fais comme si je quittais la terre,
J'ai trouvé mon étoile,
Je l'ai suivie un instant,
Sous le vent.

Fais comme si j'avais pris la mer,
J'ai sorti la grand'voile,
Et j'ai glissé sous le vent
Fais comme si je quittais la terre,
J'ai trouvé mon étoile,
Je l'ai suivie un instant, sous le vent.

Sous le vent... sous le vent.....

Amis exégètes, comblez-moi de vos sublimes interprétations de ce chef-d'oeuvre! Je veux comprendre!

6 commentaires:

Mag a dit...

Pour tout mon respect envers la Céline de mon coeur, je pense que ces paroles nous racontent un trip d'acid.
I Love Céline. Forever.

claude a dit...

Je vais faire une tentative pour le premier couplet.

-Et si tu crois que j'ai eu peur
C'est faux

(J'ai pas eu peur, bon!)

-Je donne des vacances à mon cœur
Un peu de repos

(J'ai fait un arrêt cardiaque et je suis hors d'usage pour un bout)

-Et si tu crois que j'ai eu tort
Attends

(Minute moumoutte avant de me dire que j'ai pas raison)

-Respire un peu le souffle d'or
Qui me pousse en avant

(Je suis sur un respirateur qui coûte la peau des fesses)

Je sais que c'est pas très bon mais ça pourrait donner des idées à quelqu'un de plus inspiré que moi...

Pour ceux qui n'ont pas entendu les analyses de chanson sur Macadam Tribu, ça veut vraiment la peine!

Claude

Anonyme a dit...

Moi je pense que ça poétise les écarts momentanés (et consentants) d'un couple de Laval qui se sont offert pour le 13ième anniversaire de concubinage, une petite séance de "swingage" à l'Orage

Sly a dit...

le message précédent n'est pas anonyme! c'est moi (Sly) qui l'a écrit

MatBeat a dit...

Chère Caro,

Moi, je comprends les six premières lignes. Le gars veut un break, il est épuisé par cet amour torride qu'il veut tout de même poursuive une fois la pause terminée.

C'est là que ça se gâte. Me semble que quand tu prends la mer, que tu quittes la terre, etc... c'est plutôt mal parti pour un comeback. Si la fille fait comme il lui dit de faire, il est mieux de ne pas s'attendre à un déjeuner au lit à son retour. Peut-être que la fille aura comme pris le métro, peut-être qu'elle aura comme trouvé un nouveau gars. Comme.

Finalement, il faut l'avouer, la métaphore "ouvre ton corps aux vents de la nuit" me coupe le souffle du vent dans la nuit dans mon corps.

Je pense que je vais aller me coucher sous le vent de mon lit qui glisse vers l'étoile de la grande voile de Céline qui sauve Garou de Katrina.

claude a dit...

En tant que fidel lecteur du trop fameux blogue de MatBeat, je ne peux que par la présente, lui dire qu'il a encore une fois raison. Cette chanson n'en est pas une d'amour mais une chanson de résignation. Il faut rendre à César ce qui est à César et à Céline ce qui est à Céline...

"Respire un peu le souffle d'or
Qui me pousse en avant"

On voit dans ce passage la résignation américaine sur les gaz à effet de serre. L'essence coute cher et ce qui sort de nos tuyau est en quelque sorte un souffle d'or...

"Et...
Fais comme si j'avais pris la mer
J'ai sorti la grand'voile
Et j'ai glissé sous le vent
Fais comme si je quittais la terre"

Le dernier passage est sans aucun doute un rappel des évènements post-Katrina. La grand mer s'abbat en ville, les vents violents, les gens qui quittent la terre (la boue) pour aller dans un stade meilleur.

"J'ai trouvé mon étoile
Je l'ai suivie un instant
Sous le vent"

On fait ici référence à l'étoile qui orne le drapeau Acadien. Louisianne, Nouvelle Orléan, même combat...

"Céline:
Et si tu crois que c'est fini
Jamais
C'est juste une pause, un répit"

On voit ici une certaine fatalité. Céline est prête à admettre que les effets de l'homme sur la planète vont continuer à se faire sentir. Watch out president Bush!

Comme vous voyez ce n'est pas réjouiussant comme chanson. On parle en quelque sorte de l'apocalypse humaine. La fin de l'humanité...

C'est une chanson à texte, rien à voir avec "Prendre un enfant par la main" ou même "Colombo est parti en voyage".

Claude