lundi, août 22, 2005

Premier cours


Avez-vous lu l'excellent livre "Vingt-et-un tableaux
(et quelques craies)" de François Gravel? Dans ce petit recueil de récits, l'auteur (un ancien prof d'économie au collégial pendant 20 ans) parle de la nervosité presque maladive qui l'afflige à chaque début de session. Je vous mentirais si je vous disais que pour moi "tout est sous contrôle" lors de mon premier cours. J'ai donné celui-ci ce matin et j'en tremble encore, une demi-heure après l'avoir terminé. Je ne suis pas 100% à l'aise dans cette entreprise de séduction. En parlant avec certains de mes collègues, j'ai réalisé que je ne suis pas la seule mais j'ai aussi constaté que pour certains, c'est un très beau moment. Pas de trémolo dans la voix, des blagues qui sortent aisément, pour certains de la joie à enfin retrouver la tribune perdue durant la trop longue saison estivale. Moi, il me faut au moins deux semaines, après ça va. Je dois être plus "Claire Lamarche" que "Grégory Charles", plus une écoutante qu'une entertainer.
Le pire est fait, au prochain cours on se connaîtra déjà un peu plus et je serai de retour à mon âge de 35 ans. Pour l'instant, j'ai 13 ans et je suis nerveuse comme si j'allais faire un exposé oral pour la première fois.

Bonne semaine à tous et un bonjour spécial à mes lectrices (révélées à l'entrée précédente) Élise et Marie-Eve, des anciennes élèves qui ont fait en sorte que je continue à enseigner, même si je crois mourir de peur à chaque nouvelle rentrée!

6 commentaires:

Kine a dit...

wow. j'ai des flashbacks de ma maitrise. ugh.

claude a dit...

Chère Caro,

Je dois avouer que mon premier contact avec les jeunes aujourd'hui s'est fait sous le signe de l'humour. Je peinais à placer un mot après l'autre et les jeunes filles riaient follement...

C'est pas très bon mais du moment que quelqu'un s'amuse...

Claude

Caro a dit...

Il faudrait que tu me donnes des cours dans l'art de ne pas trop se prendre au sérieux, cher Claude!

MatBeat a dit...

Chère Caro!

Je constate (et déplore parfois) que l'apprentissage repose beaucoup (spécialement au secondaire)sur le lien affectif qui se tisse entre l'éducateur et ses étudiants.

L'établissemente de ce lien affectif est un défi que j'aime relever, malgré la pression qui vient avec.

À cet égard, les débuts sont primordiaux. Et ça tombe bien car j'aime le premier cours. C'est un moment magique où tu laisses imaginer tout le champs des possibles. Où tu donnes aux élèves le goût de l'aventure intellectuelle qui peut être. Oû tu leur permets d'entrevoir tout le plaisir potentiel de l'année que tu leur proposes de vivre ensemble.

J'adore particulièrement le premier dix minutes. Déstabiliser les élèves. Leur faire perdre pied. Leur montrer tes couleurs. Et peut-être anticiper la leur.

Shanty1 a dit...

Caro,

Que dire? "Life is too short to drink cheap wine" ou encore "I love cooking with wine sometimes I even put it in my food"!

J'adore la petite musique qui m'annonce que le liquide divin se déversera dans mon verre. Un genre de "goulou, goulou" qui me charme à toutes les fois!

J'ai volé du vin en Turquie pour des amis et je me suis même entêtée à boire de la piquette au Vietnam. Pourquoi? Simplement pour célébrer la vie et ses beaux paysages. Bref, pour moi le vin marque la célébration. Un bon vin doit se partager, c'est essentiel.

Shanty1 a dit...

Oups! Désolée, mon commentaire est décalé...ayayaye:). Je devrais me prendre un verre de vin à l'instant!